Agir!

ANTOINE ROBITAILLE | LEDEVOIR.COM | 10/02/2016

Les mauvaises nouvelles au sujet de la situation du français à Montréal se multiplient. Comme celles portant sur les mesures de promotion et de protection qui ont été mises en oeuvre depuis les années 1960. Le gouvernement, mais aussi tous ceux qui ont le français à coeur, doit se ressaisir.

Un jour, on apprend que 200 000 nouveaux Québécois, principalement à Montréal, ne parlent pas français. Un autre jour, une étude expose que, toujours à Montréal (plus précisément sur l’île), dans le secteur privé, la proportion de travailleurs qui exercent leur métier « généralement ou uniquement » en français a baissé, passant de 62,5 % à 43,7 % entre 1997 et 2010. Comme s’il souhaitait accentuer un mouvement délétère, Québec a amputé de moitié son aide à la francisation en entreprise, selon ce que nous révélait Le Devoir mardi. Et dans le processus de révision de la loi sur l’immigration au Québec (projet de loi 77), plusieurs craignent que la ministre de l’Immigration n’allège les exigences de français pour certains travailleurs très demandés. Ce serait évidemment une grave erreur. Pour extrapoler l’image de l’économiste Pierre Fortin (dans son texte publié en page idée ci-contre), on dirait parfois que le gouvernement se soucie davantage de « protéger les cerfs de Virginie sur l’île d’Anticosti » que de s’assurer que le Québec demeure une société francophone. À commencer par le premier ministre Philippe Couillard, qui laisse souvent entendre que la protection linguistique et culturelle est un combat d’arrière-garde.

L’immigration et la langue française: assez, les voeux pieux!

PARTENAIRES POUR UN QUÉBEC FRANÇAIS | LEDEVOIR.COM | 11/02/2016

Les audiences sur le projet de loi 77 portant sur l’immigration au Québec se terminent cette semaine. Pour Partenaires pour un Québec français (PQF), l’élaboration d’une nouvelle loi était l’occasion attendue pour effectuer les révisions nécessaires en vue de favoriser une immigration en phase avec le développement social, économique et culturel du Québec.

Malheureusement, le projet de loi sur l’immigration comporte plusieurs zones d’ombre et contient un nombre important d’articles de loi dont les modalités d’application seront déterminées par règlements (34 en tout !). C’est donc dire qu’ils seront soustraits aux débats démocratiques de l’Assemblée nationale. De plus, le projet 77 a été déposé sans que les divers intervenants aient pu avoir préalablement accès à la nouvelle politique d’immigration qui aurait normalement dû baliser les éléments législatifs.

PQ, CAQ et QS sonnent la charge pour le français

JEAN-MARC SALVET | LA SOLEIL | 10/02/2016

Les trois groupes d'opposition à l'Assemblée nationale sonnent la charge pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'inaction gouvernementale en matière de défense et de promotion de la langue française au Québec.

Unis pour dénoncer le gouvernement Couillard, mais rivalisant en même temps l'un et l'autre sur ce terrain, le péquiste Maka Kotto et la caquiste Nathalie Roy ont dressé un portrait inquiétant de la situation.

«Quarante et un pour cent des immigrants ne connaissaient pas le français au moment de leur arrivée au Québec en 2014, et 72 % de ceux admis en 2012 n'avaient toujours pas suivi de cours de francisation en 2015, a exposé Nathalie Roy à l'Assemblée nationale mercredi. Pire encore, et c'est peu connu, le taux de décrochage chez les immigrants inscrits à des cours de francisation à temps plein est d'en moyenne 13 % par année et de 26 % pour ceux inscrits à temps partiel.»

Les limites de la francisation

PAUL JOURRET | LAPRESSE.CA | 08/02/2016

En théorie, tout semble cohérent. D’un côté, le Québec a des emplois à pourvoir. De l’autre, le taux de chômage des immigrants est plus élevé que la moyenne québécoise. Il faudrait donc sélectionner en priorité les immigrants qualifiés dans un métier demandé. Peut-être même qu’on pourrait en accueillir encore plus.

Bien sûr, on ne peut pas donner priorité à tout en même temps. Si on accorde plus de poids à la formation professionnelle, cela diminuerait celui du français. Mais on pourrait compenser en francisant ces nouveaux arrivants. On réunirait ainsi les deux clés de l’intégration : trouver un emploi et parler la langue officielle. Le tout en comblant les besoins des entreprises.