Un avocat sanctionné après s'être plaint d'avoir reçu un jugement en anglais

Un avocat montréalais a été jugé coupable de faute déontologique après avoir réclamé « de façon intempestive » des explications sur un jugement rendu en anglais dans une cause s'étant déroulée entièrement en français.

Le conseil de discipline du Barreau reproche à Me Frédéric Allali d'avoir « manqué de respect » dans sa lettre envoyée à la juge Karen Kear-Jodoin. Il connaîtra sa sanction dans les prochains mois.

Mi-janvier 2015, l'avocat est « choqué » de recevoir un jugement de la Cour supérieure entièrement en anglais. Tous les avocats dans ce dossier sont francophones, « l'audition a eu lieu entièrement en français » et « plus important encore notre client, Jacques Caya, est unilingue francophone », écrit-il rapidement à la juge. Il demande une traduction du jugement.

Langues officielles: le brouillard...

Quand vient le temps de sonder la population sur les orientations fédérales en matière de langues officielles, le gouvernement de Justin Trudeau apparaît malheureusement comme un clone de son prédécesseur, Stephen Harper… On «consulte» des porte-paroles d'organismes présélectionnés dans quelques douzaines de localités à travers le pays, et on lance en pâture au grand public un sondage Internet conçu en fonction d'on ne sait trop quoi… dont les résultats pourraient ne jamais être connus.

Seule l'appellation de la démarche semble avoir changé. Quand l'ancien ministre harpeurien du Patrimoine canadien, James Moore, avait entrepris sa «consultation» pour la période 2013-2018, on parlait de «feuille de route» pour les langues officielles. Avec Mélanie Joly, en 2016, c'est devenu un «plan d'action» (bit.ly/1Qc8K3n ) des langues officielles, sans échéance précise… On le dit «pluriannuel»… Pour le reste, on croirait presque à un exercice de copier-coller. On reprend l'itinéraire bleu, repeint en rouge…

Francisation: le PLQ sait très bien ce qu’il fait…

La ministre libérale Kathleen Weil profite du chaud soleil de l’été et de la passivité connue des citoyens envers l’actualité en général afin d’émettre que, oui, son gouvernement a peut-être été  » trop passif » envers la francisation des immigrants.

Un 11 juillet, les oiseaux chantent, le soleil brille, c’est cute.

Allez! Une petite campagne de publicité estivale afin de donner l’impression d’agir… « Oui, oui… La francisation est importante pour nous ». Je n’en crois pas un mot. S’il y a une personne au sein de ce gouvernement qui connait bien les tenants et aboutissants du dossier linguistique, c’est bien Kathleen Weil qui fut, pendant 5 ans, de 1985 à 1989, directrice des affaires juridiques de Alliance Québec, ce groupe de défense des droits des anglophones qui a mené une longue croisade contre la loi 101 et qui s’est battu contre tant de dispositions qui favorisaient la prédominance du français au Québec. On se souviendra de l’Arrêt Ford notamment (1988, Weil est alors à Alliance Quebec):

« Dans l’affaire Ford, la Cour suprême du Canada déclare que les articles 58 et 69 de la Charte de la langue française (Loi 101), qui imposent l’exclusivité du français en matière d’affichage commercial et de raisons sociales, sont incompatibles avec l’alinéa 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés et l’article 3 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (Québec). La liberté d’expression comprend la liberté de choisir la langue dans laquelle on veut s’exprimer. Le discours commercial fait partie de la liberté d’expression. Cette prohibition et cette exclusivité ne peuvent se justifier en vertu de l’article 9.1 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et de l’article premier de la Charte canadienne des droits et libertés. On n’a pas prouvé qu’il y avait nécessité d’imposer l’exclusivité. »

Impératif français veut que les francophones du Pontiac obtiennent des excuses

Le Mouvement Impératif français estime que les francophones de la région du Pontiac ont droit aux mêmes excuses que les Franco-Ontariens pour le régime d'anglicisation qu'ils ont subi au XXe siècle.

À la fin février, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a présenté aux Franco-Ontariens des regrets officiels pour l'imposition en 1912 du Règlement 17 interdisant l'enseignement en français dans la province après la deuxième année du primaire. La mesure a finalement été mise au rancart en 1927.