
Le président du Mouvement des cégépiens pour le français (MCF)
invitait le soir même au Club Soda les jeunes de 7 à 97 ans à un rassemblement
dans le cadre de sa campagne pour l’application de la Loi 101 au cégep.
photo Mathieu Breton
Mouvement des cégépiens pour le français, Étienne Gougoux
L’éducation joue un rôle primordial dans la transmission d’une langue et d’une culture. Tous les chercheurs s’entendent pour dire que, parmi toutes les mesures de la Loi 101, ce sont les mesures scolaires qui ont eu le plus grand impact sur la force d’attraction du français, notamment sur les transferts linguistiques.
Avant son application, en 1977, près de neuf immigrants sur dix choisissaient d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise. La Loi 101 a rétabli ce qui constitue la normalité dans la plupart des pays, à savoir que l’enseignement à l’école publique est donné aux nouveaux arrivants dans la langue majoritaire de la société d’accueil.
Chronique de Denise Bombardier, Le Devoir, 19 mars 2011
L'unilinguisme n'est pas souhaitable à titre personnel, mais l'unilinguisme officiel est pour le Québec le seul rempart (fragile, admettons-le) contre l'envahissement continental. [...]
photo paperblog.fr
Non seulement les passerelles sont à abolir, mais il est fortement recommandé de ne pas rejeter d'emblée l'idée d'obliger les francophones (y compris les immigrants) à étudier en français jusqu'à la fin du cégep. À cet égard, l'immersion en anglais en sixième année qui mènerait, on l'espère, à une bonne connaissance de l'anglais ne justifierait plus que l'on ouvre la porte des cégeps anglophones pour permettre l'apprentissage de la langue seconde.
Bernard Descôteaux, Le Devoir, 16 avril 2011.
Étendre la loi 101 aux cégeps serait un signal fort. Il faut toutefois inviter les militants péquistes à la prudence. La loi 101 au cégep n'est pas la panacée que certains imaginent. Le danger serait de croire qu'avec cette mesure on aurait réglé un problème, alors qu'on ne se serait attaqué qu'à une de ses manifestations et probablement la moins grave. Le nombre d'immigrants et d'enfants d'immigrants qui fréquentent le cégep francophone a presque doublé en 10 ans et si le nombre de francophones qui optent pour le cégep en anglais est en croissance, ils ne sont tout de même que 5,2 %. Le problème est ailleurs, il est dans l'utilisation de plus en plus grande de l'anglais dans les milieux de travail, qu'il faut franciser; il est dans ces immigrants qui n'ont pas accès à des cours de français et qui des années après leur arrivée ne parlent toujours pas la «langue commune» du Québec. Ils étaient 191 000 en 2006, nous dit le démographe Michel Paillé, dans une lettre publiée ci-contre. Il y a plus urgent que le cégep en français.
Michel Paillé, Le Devoir, 16 avril 2011.
Tenons pour acquis que la mesure péquiste vise aussi les immigrants qui, arrivant au Québec avec des études d'ordre secondaire dûment complétées, s'inscrivent au collégial dès leur arrivée. Mais qu'en est-il de la francisation de tous les autres immigrants, beaucoup plus nombreux ceux-là, qui cherchent du travail immédiatement? Que propose le PQ pour faire en sorte que le fameux «contrat moral» liant le Québec aux immigrants soit respecté? Selon ce «contrat», l'immigrant s'engagerait à apprendre le français, tandis que le gouvernement lui promet des cours dès son arrivée. «Contrat» bafoué par des abandons très élevés, par des objectifs plutôt faibles, par de longues semaines d'attente, par des ressources réduites alors que les niveaux d'immigration augmentent, etc. Dès lors, faut-il s'étonner que l'on ait recensé au Québec, en 2006, plus de 191 000 immigrants ne sachant toujours pas converser en français, dont 125 000 qui vivaient parmi nous depuis 10 ans ou plus?
Geneviève Lajoie, Agence QMI, 16 avril 2011.
Les délégués du Parti québécois ont appuyé massivement samedi matin la proposition visant à étendre la loi 101 au cégep.
Défendue par le député Pierre Curzi, qui souhaite freiner le phénomène d'anglicisation qui touche plus particulièrement le Grand Montréal, la proposition sur l'application de la Charte québécoise de la langue française aux établissements d'enseignement collégiaux a été adoptée sans trop de débats par les militants péquistes, réunis cette fin de semaine en congrès à Montréal. (...)
Outre cette proposition, les militants ont voté massivement en faveur du recours de la clause Nonobstant, si besoin est, dans le cadre de la révision de la loi 101.
Les délégués réunis au Palais des congrès de Montréal ont également donné leur aval à ce qu'un gouvernement du PQ abolisse la loi 115 sur les écoles passerelles que le gouvernement libéral a fait adopté sous bâillon l'automne dernier.
Article de l'Agence QMI paru dans le Journal de Québec le 15 mai 2011.
Le sondage, qui part du postulat que «l'accès illimité aux cégeps anglais pour les allophones, les immigrants et les francophones menace l'avenir du français au Québec», a demandé si «les critères d'admission de la loi 101 pour l'école anglaise devraient s'appliquer aussi au cégep». Parmi les répondants, 57 % se sont dits en accord.
Malgré que plusieurs membres ont fait un excellent travail, le débat a été marqué par des interventions au micro d’Amir Khadir et François David contre la loi 101 au cégep. Pour l’un, les immigrants n’ont pas à porter le poids de la francisation (la francisation est-elle un désavantage, un poids?), pour l’autre les jeunes francophones doivent pouvoir s’éduquer en anglais au cégep. QS propose que le gouvernement du Québec continue à surfinancer les cégeps et les universités anglophones pour des étudiants allophones et francophones qui vont apprendre le vocabulaire de leur profession en anglais, et ensuite de vouloir leur imposer de travailler en français? Au niveau collégial, les établissements anglophones reçoivent 16 % du financement gouvernemental québécoise alors que la minorité historique anglophone ne représente que 8,2 % de la population québécoise. Au niveau universitaire, la disproportion s’accentue alors que 25 % du financement est injecté dans le réseau anglophone.
J’étais au congrès de QS en tant qu’observateur et sur le plancher, un délégué m’a demandé si les députés anglophones du NPD seraient d’accord avec la loi 101 au cégep. Est-ce que c’était un critère qui a joué pour plusieurs? Les progressistes qui pensent que le peuple québécois a le droit d’assurer l’avenir de sa langue peuvent-ils y voir un véhicule politique valable?
Au troisième et dernier jour de leur congrès à Montréal, les délégués de Québec solidaire se sont prononcés contre l'application de la loi 101 dans les cégeps.
« Je pense sincèrement qu'avec l'extension de la loi 101 dans les cégeps, on crée une sorte de diversion, on se trompe de cible », a affirmé Françoise David devant les militants.
De son côté, Amir Khadir avait déjà indiqué qu'il était personnellement en désaccord avec la mesure. Lorsqu'il a pris la parole dimanche, il a dit souhaité que sa formation fasse plutôt la promotion du français comme langue de travail.

« Il faut vraiment que Québec solidaire, quoiqu'on décide aujourd'hui, continue à mettre l'accent sur le fait que la véritable solution passe par une francisation des milieux de travail, surtout dans les grandes entreprises, là où ça envoie des messages à nos jeunes », a-t-il déclaré.
Article de Frédéric Lacroix publié dans Vigile.net le 22 décembre 2011
La situation de laisser-aller actuelle, qui ne profite qu’au réseau anglais, a quelque chose de surréaliste.
Québec Solidaire, réuni dernièrement en Congrès à Montréal, a voté majoritairement contre une proposition visant à étendre les dispositions scolaires de la loi 101 au réseau des Cégeps.
Félicitons-les, premièrement, pour avoir osé débattre de ce sujet difficile.
Regrettons, deuxièmement, qu’une telle mesure ait été rejetée.
Rappelons-nous que le parti Québécois a débattu de cette mesure pendant plus d’une décennie pour finalement l’adopter en congrès au printemps passé, mais cette adoption à l’arraché n’était due qu’à l’acharnement inouï de Pierre Curzi, qui a choisi d’en faire son principal combat et une question de principe. Il faut comprendre que si cette mesure a réussi à être entérinée par les militants, c’est parce que les hautes sphères péquistes, hostiles à la proposition, n’ont pas réussi à stopper la charge menée par Curzi. Celui-ci parti, on devine cependant qu’elle sera évacuée en douceur du futur programme du PQ.
Il est navrant de constater à quel point une chose aussi fondamentale et nécessaire que la loi 101 au Cégep à du mal à s’imposer. Quel autre état au monde est 1) en processus de minorisation sur son propre territoire et 2) finance ainsi sans restriction un réseau d’éducation parallèle au réseau national ? Si vous en connaissez, faites-moi signe !
La loi 101 au Cégep devrait pourtant aller de soi.
La situation de laisser-aller actuelle, qui ne profite qu’au réseau anglais, a quelque chose de surréaliste.
Revenons en arrière. La mouture originale de la loi 101 n’incluait pas les Cégeps ni les universités. L’argument pour les exclure des dispositions scolaires voulait que l’orientation linguistique des allophones était fixée dès le secondaire et que l’ajout de quelques années de plus de scolarisation en français ou en anglais n’aurait aucun impact sur les choix linguistiques de ceux-ci. En outre, l’on jugeait que vu que la proportion d’une classe d’âge qui avait accès aux études supérieures était réduite, l’impact d’une telle mesure serait limitée.
L’on sait maintenant que l’argument de l’orientation linguistique était erroné. Les transferts linguistiques sont loin d’être fixés à 16 ou 17 ans. Plusieurs études l’ont prouvé dans les dernières années.
L’on sait aussi que la proportion d’étudiants qui fréquentent les Cégeps a doublé depuis l’adoption de la loi 101. Le nombre d’étudiant en cause n’est plus négligeable.
Bref, les arguments qui ont influencé les concepteurs de la loi 101 dans le sens du libre-choix ne tiennent plus la route.
Article de Lisa-Marie Gervais publié dans Le Devoir le 24 décembre 2011
Seul cégep francophone
Déficitaire, le cégep Gérald-Godin, seul cégep francophone de l'ouest de l'île de Montréal, pourrait être contraint de fermer ses portes. Selon son directeur général, Christian Roy, ce petit collège de 1100 étudiants ne survivra pas aux coupes de 30 millions (réduites à 19,5 millions par la suite) qu'a imposées le ministère de l'Éducation, en vue d'atteindre l'équilibre budgétaire au gouvernement.
Rien pour rassurer M. Roy, la Fédération des cégeps aurait été informée que le ministère de l'Éducation va quand même procéder à des ponctions de façon paramétrique, et ce, dès janvier. «Ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi, tout d'un coup, le ministère va contre ce que dit la ministre. Pourquoi on nous a demandé d'aller demander l'avis de nos C.A. si finalement on se fait couper quand même», a-t-il déploré.

Cet ancien consultant spécialisé en développement stratégique chez SECOR trouve dommage qu'un tel établissement, aussi petit soit-il, disparaisse du paysage à prédominance anglophone et allophone de l'Ouest-de-l'Île. «Une institution qui préserve la culture francophone comme Godin, c'est fondamental dans l'Ouest-de-l'Île. Je ne comprends pas qu'on ne veuille pas préserver cet équilibre-là, a soutenu M. Roy. On ne pourra pas gagner cette bataille-là si personne ne nous aide.»
La survie du cégep Gérald-Godin menacée, article de Lisa-Marie Gervais, Le Devoir, 24 décembre 2011
Déficitaire, le cégep Gérald-Godin, seul cégep francophone de l'ouest de l'île de Montréal, pourrait être contraint de fermer ses portes. Croulant sous le poids de son déficit, l'établissement affirme qu'il ne survivera pas aux coupes de 19,5 millions exigées par le ministère de l'Éducation.
Deux autres cégeps, de Maisonneuve et de Gaspé, sont dans le rouge, mais pour diverses raisons, ne craignent pas autant pour leur survie, croit M. Roy. «Le cégep de Gaspé ne peut pas fermer, il n'y en a pas d'autres dans la région. Ça deviendrait politique. Mais moi, je ne peux pas dire à la ministre de me mettre sous tutelle. Il y a plein d'autres cégeps sur l'île de Montréal. Certains vont dire "pourquoi on le maintient en vie s'il n'est pas rentable?"»
Chronique de Lysiane Gagnon,La Presse, 17 mai 2012
Pendant que les institutions françaises étaient déchirées à des degrés divers par le conflit, du côté anglophone, l'heure était au calme... et aux études.

Au collège Dawson, une institution du centre-ville qui est en quelque sorte le pendant anglais du cégep du Vieux-Montréal, 4000 étudiants ont participé au vote (secret) et écarté la grève. Même chose au collège John Abbott, où l'association étudiante a organisé un référendum (avec votes secrets) qui a duré toute la journée. On notera ici la procédure très démocratique qui a encadré ces décisions.
Vous pouvez faire la différence!
Abonnez-vous au Bulletin du MQF.
Commentaires récents
il y a 1 semaine 5 jours
il y a 2 semaines 3 jours
il y a 5 semaines 5 jours
il y a 8 semaines 4 jours
il y a 8 semaines 4 jours
il y a 11 semaines 3 jours
il y a 12 semaines 3 jours
il y a 12 semaines 4 jours
il y a 12 semaines 4 jours
il y a 12 semaines 6 jours