La vraie menace pour le français

JEAN-BENOÎT NADEAU | LEDEVOIR.COM | 28/09/15 

L’une des grandes fictions que les francophones entretiennent, c’est de croire que l’anglais est une menace pour le français. Il n’y a rien de plus faux. D’ailleurs, l’anglais ne menace pas non plus l’espagnol, l’allemand, l’arabe, le mandarin, le japonais, le lakota ou le navajo.

La principale menace pour une langue, quelle que soit sa taille, c’est le manque d’ambition et de vision de ses locuteurs pour eux-mêmes et pour les autres. C’est cela qui a menacé, menace et menacera la langue française.

Bien sûr, les francophones d’Amérique, au cours de leur histoire, ont dû surmonter ceux qui avaient le dessein de les assimiler. D’autres, dans des circonstances semblables, se sont écrasés. C’est une forme d’ambition que d’avoir résisté, mais la défense seule ne suffit pas.

Le français a-t-il encore sa place au Canada ?

JEAN-PAUL PERREAULT | TFO.ORG | 05/10/15 

Le président d'Impératif français, un organisme qui promeut la langue française et la francophonie au Canada, Jean-Paul Perreault, tire la sonnette d'alarme. Si le français a encore sa place au Canada, il doit se défendre et surtout se faire connaître, tant au Canada qu'à l'extérieur via ses productions culturelles, ses entreprises à succès... Il est possible de vivre en français au Canada, mais il faut que cela soit connu. Pour y parvenir, la responsabilité incombe aux citoyens francophones, mais aussi et surtout aux gouvernements provinciaux et au gouvernement du Canada qui doit appuyer la création en français et projeter l'image d'un pays bilingue en toute occasion. Malgré la loi sur les langues officielles de 1969, il reste encore beaucoup à faire pour faire connaître l'identité multiple du Canada aux Canadiens comme au reste du monde. TFO 24.7, le nouveau regard francophone

Affichage commercial: les univers linguistiques parallèles

MAXIME LAPORTE | QUEBEC.HUFFINGTONPOST.CA | 02/09/15

En matière linguistique et culturelle, force est de constater qu'il existe encore deux grands univers parallèles au Québec et au Canada en 2015. N'importe quel touriste, témoin extérieur de notre réalité, le confirmera. Par ailleurs, on n'a qu'à lire les pages éditoriales des grands journaux anglophones ou encore les commentaires tristement francophobes des lecteurs pour se faire une idée de la distance cosmique qui sépare les univers francophone et anglophone.

Certains y voient une richesse et n'ont de cesse de vanter les vertus de cette stéréophonie linguistique, ou plutôt de cette cacophonie anglicisante, mais c'est là faire œuvre de mystification, compte tenu de l'impossibilité pratique du bilinguisme institutionnel, largement démontrée par le fiasco du projet trudeauiste d'un Canada bilingue, et des problématiques réelles et profondes que cela nous pose.

In English, PLEASE!!!

JOSÉE LEGAULT | JOURNALDEMONTREAL.COM | 02/09/15

Lorsque j’ai lu le reportage paru ce mardi dans La Presse, la nouvelle ne m’a guère surprise. Elle avait même un air familier de déjà vu...

On y parlait de militants anglophones qui «passent à l’offensive» pour «convaincre les commerçants d’implanter des écriteaux bilingues et d’envoyer des circulaires bilingues dans les secteurs majoritairement anglophones de Montréal». On parle bien sûr ici de petits groupes de militants et non pas de la communauté anglophone dans son ensemble.

J'ai eu le même sentiment de déjà vu quand, le même jour, j’ai entendu en entrevue un des militants cité dans l’article -  un avocat de Hampstead du nom de Harold Staviss. Soit d'abord à l’émission Gravel le matin, puis chez Benoît Dutrizac.