Disséquer une grenouille

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Photo : Inconnu

 
ÉRIC D'ALO
| HUFFINGTON POST QUÉBEC | 25 JUILLET 2014 |

 

Lors de son passage à l'émission de Christiane Charrette - 125, Marie-Anne - dimanche dernier, Christian Rioux a fait, à mon avis, l'éloge de la langue française, l'éloge de notre spécificité culturelle, l'éloge de notre peuple.

Fait étrange, personne ne l'a applaudi dans la salle.

On applaudissait plutôt Jimmy Hunt qui proclamait haut et fort que le français dit normatif/international n'est pas une langue et que, même si elle en était une, nous ne la parlions pas au Québec.

Le choix de Julie

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CHRISTIAN RIOUX
| LE DEVOIR | 25 JUILLET 2014 |

 

Il y a plusieurs semaines, un professeur a eu la gentillesse de me faire parvenir une lettre d’une de ses étudiantes. Cette jeune fille, que nous appellerons Julie, venait de faire le choix de poursuivre ses études en anglais. Dans une écriture laborieuse, elle exprimait sa désillusion à l’égard de sa langue maternelle, le français. À l’orée de sa vie adulte, elle avouait tout simplement « ne pas aimer le français », quitte à être « le déshonneur de ce qui devrait être son peuple », écrivait-elle.

Loin de la révolte que l’on ressent souvent à son âge, chacun de ses mots maladroits exprimait une immense fatigue culturelle, pour reprendre l’expression d’Hubert Aquin. Cette fatigue de devoir parler une langue qu’il faut sans cesse défendre, une langue qui sera toujours minoritaire en Amérique, une langue que Julie trouvait difficile et dont elle savait bien qu’elle ne la maîtrisait qu’à moitié. Bref une langue dont elle découvrait chaque jour qu’elle était de moins en moins la sienne.

UQTR : la grenouille qui se prenait pour un boeuf

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TANIA LONGPRÉ
LE JOURNAL DE MONTRÉAL | 23 JUILLET 2014

 

Hier, le Nouvelliste nous apprenait que le conseil d’administration de l’Université de Trois-Rivières avait donné son aval à la tenue d’un cours offert strictement en anglais. Créant du fait même une « tempête » linguistique à l’Université.

Je ne suis pas contre les programmes anglophones dans les universités… anglophones. Au Québec, ceux qui veulent étudier en anglais on l’embarras du choix. Énormément de choix pour une nation francophone d’ailleurs. Trois-Rivières n’en fait pas partie. Soyons honnêtes: l’étudiant international sera beaucoup plus tenté par une formation en gestion à McGill ou à Concordia, plutôt qu’à Trois-Rivières.

Le franglais et ce qu’il révèle

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MATHIEU BOCK-CÔTÉ
LE JOURNAL DE MONTRÉAL | 22 JUILLET 2014

 

Je retiens une première chose de la querelle sur Dead Obies, qui bien évidemment, dépasse ce seul groupe de musique, car ce qui frappe dans ce débat, ce n’est pas que ce groupe chante comme il chante, mais la manière qu’ont leurs partisans de les défendre et de les louer. La défense du franglais (non, même pas du bilinguisme, mais du franglais) est devenue une marque distinctive du modernisme identitaire, du progressisme branché. Ceux qui y voient quelque chose d’inquiétant sont de vilains réactionnaires figés dans l’âge de pierre. Et le conflit politique et social entre les langues n’existent plus. Celui qui rappellera pourtant l’existence de ce conflit sera accusé de pousser au repli identitaire. La gauche urbaine, bon chic bon genre, celle qui chante la diversité à tout prix et qui confond l’ouverture à l’autre avec le reniement de soi, n’a jamais été aussi éloignée de la gauche syndicale, travailliste, qui défend, par exemple, le droit des travailleurs à fonctionner en français. [....] comme si la définition de la langue commune, en société, n’était pas une question fondamentalement politique.