Observatoire en matière de droits linguistiques - Le carcan constitutionnel canadien divise les francophones d’ici et d’ailleurs

Montréal, 7 avril 2016 – En réaction au lancement de l’observatoire «national» en matière de droits linguistiques qui sera lancé jeudi à l’Université de Montréal par le professeur Stéphane Beaulac et le doctorant et chargé de cours Frédéric Bérard, le Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Me Maxime Laporte, et le doctorant en droit linguistique de l’Université de Sherbrooke, Me Éric Poirier, ont soulevé des questionnements quant à l’objet de cet observatoire.

Me Laporte a fait valoir: «Dans un élan pour le moins jovialiste, messieurs Beaulac et Bérard condamnent le soi-disant «catastrophisme» et les mythes qu’entretiendraient les juristes défenseurs du français au sujet des jugements de la Cour suprême, lesquels ne seraient après tout, pas si défavorables au fait français… De plus, ils pointent du doigt le Québec qui plaiderait systématiquement à l’encontre des intérêts des francophones hors-Québec devant les tribunaux.»

L’anglais mieux que le français pour les immigrants

ROBERT DUTRISAC | LEDEVOIR.COM | 07/04/2016

Les nouveaux arrivants qui ne parlent que le français éprouvent plus de difficulté à se dénicher un emploi au Québec que ceux qui ne connaissent que l’anglais. Le taux de chômage de ces immigrants francophones est de 40 % supérieur à celui de ces nouveaux arrivants anglophones.

C’est ce qui ressort de la compilation, obtenue par Le Devoir, que le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a faite à partir de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada de 2011 et de 2006.

Ainsi, le taux de chômage des immigrants récents — ceux qui sont arrivés depuis cinq ans ou moins — qui ne parlent que l’anglais atteint 16 %, alors qu’il se gonfle à 23 % chez les mêmes immigrants récents qui ne parlent que le français, pour une différence d’un peu plus de 40 %.

L’autre Kerouac

CHRISTIAN DESMEULES | LEDEVOIR.COM | 02/04/2016

« Un jour, Madame, j’écrirai un roman canadien-français, prenant place en Nouvelle-Angleterre, en français. Ce sera le français le plus simple et le plus rudimentaire. Si quelqu’un veut le publier, je veux dire Harcourt, Brace, ou n’importe qui, ils vont devoir le traduire. » Entre le fantasme et la prophétie, c’est ainsi que s’exprimait en 1950 l’auteur du célèbre Sur la route (On the Road), l’une des pièces maîtresses du mouvement américain de la beat generation, dans une lettre à Yvonne Le Maître — qui lui avait reproché d’avoir occulté ses propres origines canadiennes-françaises en publiant son premier roman, The Town and the City.

Né Jean-Louis Kérouac à Lowell (Massachusetts) en 1922, les parents canadiens-français de l’écrivain franco-américain Jack Kerouac avaient quitté le Québec, comme tant d’autres, à la faveur d’un large mouvement d’exode. On l’oublie souvent ou on l’ignore : entre 1840 et 1930, on évalue à près d’un million le nombre de Canadiens français qui, comme eux, ont immigré aux États-Unis. Une véritable saignée qui a réduit de moitié la population francophone du Québec par rapport à ce qu’elle était au milieu du XIXe siècle.

375e de Montréal - Le français, grand oublié de la fête?

Montréal, 6 avril 2016 – Le Mouvement Montréal français (MMF), par la voix de sa porte-parole Sophie Stanké, a réagi aujourd’hui au dévoilement des grandes lignes de la programmation du 375e de Montréal plus tôt cette semaine. À l’aube de ces célébrations auxquelles sont conviés des centaines de créateurs et un public venu de partout au monde, une invitée de marque semble avoir été oubliée: la langue française.

En effet, selon madame Stanké, «alors que le thème du 350e de Montréal en 1992 était "Montréal, ville française", cette fois tout indique que 25 ans plus tard, le français sera le grand oublié de la fête. Car visiblement, rien jusqu’ici dans les objets et les communications du 375e n’évoque le caractère ou le patrimoine francophone de la Ville de Montréal, laquelle se veut pourtant la Métropole française des Amériques...»