AUDIO - 60% des immigrants admissibles à une francisation gratuite la rejette. Devrait-on la rendre obligatoire?

TANIA LONGPRÉ | 98,5 FM | 26/01/2016

Certains diront encore et toujours que le français n’est pas en déclin au Québec et que nous nous inquiétons pour rien, ici à Montréal. Évidemment, tel que le mentionne l’étude de l’IREC, 86 % des immigrants s’installent dans la région montréalaise, devenant du même coup une réalité montréalaise. Cela a un effet pervers, comme le mentionne l’étude: accroître le clivage entre Montréal, qui est de moins en moins francophone, et le reste du Québec. Une donnée de l’étude est aussi perturbante: on y apprend que «Les ministères et les institutions publiques interagissent en anglais avec près de 75 % des immigrants non francophones qui sont installés dans la région de Montréal». On peut se questionner sur les motivations des immigrants qui feront en sorte qu’ils veuillent apprendre le français s’ils n’ont pas besoin de cette langue ni dans leurs communications formelles avec l’État ni dans leurs communications informelles dans leur vie quotidienne: cela aide-t-il leur intégration à la société d’accueil? On peut se permettre d’en douter.

Francisation: constat d’échec

TANIA LONGPRÉ | JOURNALDEMONTREAL.COM | 27/01/2016

Une étude coup-de-poing sur les ratés de la francisation au Québec vient ce matin (mercredi) d’être publiée par l’IREC, figurant en une du Devoir. En la lisant, on se sent démuni quant aux réalités: les immigrants se francisent moins qu’avant et ceux n’ayant pas une langue latine ne sont que 15 % à apprendre notre langue.

Il y a lieu de s’interroger: nos élus mettent-ils vraiment tout en place afin que le français demeure la langue commune du Québec? La réponse est claire: non. On s’occupe bien de la francisation et de l’intégration linguistique des enfants migrants, puisqu’ils sont dans l’obligation, conformément à la loi 101, de fréquenter le réseau des écoles francophones, où ils seront initiés à la langue, mais aussi à la culture québécoise et aux relations interculturelles. Par contre, leurs parents sont imperméables aux lois linguistiques. Ne serait-il pas temps d’étendre enfin la loi 101 aux adultes qui ne sont pas encore citoyens canadiens? Si cela n’est pas possible, que pourraient-ils faire pour contrer la problématique?

AUDIO - Est-ce que le gouvernement en fait assez pour aider les immigrants à apprendre le français?

ERIC BOUCHARD | 98,5 FM | 27/01/2016

« L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) publie ce matin Le Québec rate sa cible, une étude qui dresse le portrait global de la francisation de l’immigration depuis 1991, soit 25 ans après l’adoption de la politique d’immigration en cours. Parmi les faits saillants, on découvre que plus de 200 000 immigrants, soit 20% de l’ensemble de la population immigrée du Québec, ne parlaient toujours pas français en 2011. Parmi eux, plus de 111 000 sont arrivés depuis 1991 dont près de 43 000 entre 2006 et 2011. De ces 202 830 immigrants, 159 575 parlent uniquement anglais et 43 255 ne parlent ni français ni anglais.

Pour le directeur général du Mouvement Québec français (MQF), Eric Bouchard, si seulement la moitié de ces 200 000 immigrants parlaient français, cela représenterait 100 000 personnes de plus qui consommeraient de l'information en français. À une époque où tous cherchent des lecteurs et des auditeurs pour rentabiliser leurs entreprises, la francisation de l'immigration n'est pas qu'une histoire d'action défensive des groupes pro-français, c'est fondamentalement économique. »

Une autre capitulation du Colonisé

CHRISTIAN NÉRON | VIGILE.QUÉBEC | 14/01/2016

Les Québécois d’origine canadienne sont particulièrement fiers de leur réputation de tolérance. Il y a 150 ans, lors des Débats parlementaires sur la Confédération, leurs ancêtres avaient été nombreux à s’en vanter, comme d’un titre de gloire ! Un siècle plus tard, lors des Débats sur le Bill 63, cette belle tolérance est revenue sur le tapis pendant le débat sur la langue. René Lévesque, alors député de Laurier, en a même esquissé une définition : « … ce masque derrière lequel nous déguisons notre faiblesse, notre résignation, et notre impuissance ! » On ne pouvait mieux dire.

Deux semaines plus tard, toujours dans le cours du débat sur la langue, Lévesque ajoutait que la seule rétribution à notre belle tolérance avait été de « faire rire de nous ! » Puis, dans un emprunt coloré au vocabulaire de la gastronomie, il y allait d’une mise en garde pour la postérité : « On finit par aimer ça manger de la… (sic) enfin, de se faire insulter. On finit même par ne plus s’en rendre compte ! » S’il avait eu le bonheur de connaître Philippe Couillard, Jean-Marc Fournier et autres petits amis du genre, il aurait probablement terminé son envolée sur un ton plus convenable aux aspirations de notre nouvelle génération de colonisés : « On finit même par ne plus s’en passer ! »