Réforme de l'orthographe: les dictionnaires ont tranché

Alors que la réforme de l'orthographe suscite toujours une importante controverse, comment les dictionnaires ont-ils choisi, pour 2017, entre nénuphar et nénufar, oignon ou ognon? Enquête.

Février 2016, les réseaux sociaux sont en émoi. On se bat à coups d'o[i]gnons, de nénuph[f]ars et de hashtags circonflexes. Pas de manifestation place de la République, mais une belle petite passe d'armes, tout de même, entre la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem et le secrétaire perpétuel de l'Académie française Hélène Carrère d'Encausse.  

Le tout à propos d'une réforme, ou réformette, selon les protagonistes, vieille de plus de... vingt-cinq ans, diligentée à l'époque par le Premier ministre Michel Rocard afin de biffer les incongruités et de faciliter l'apprentissage de la langue. 

Langue française: la non-exemplarité de l'État

Le Mouvement Québec français (MQF) salue l'annonce de la ministre de l'Immigration, Mme Kathleen Weil, d'investir 250 000$ d'ici le 30 août à la promotion des cours de français auprès des immigrants qui sont conjoints des travailleurs qualifiés et auprès de ceux qui viennent rejoindre leur famille. Il s'agit d'une excellente décision puisque les personnes visées ne font pas partie des immigrants que le Québec choisit en fonction de la grille de sélection où la capacité à parler français facilite l'accès au territoire.

Ceci étant dit, même avec ces investissements ciblés en francisation, la société québécoise ne réussira pas à franciser ses immigrants à un niveau tel que ces derniers feront usage du français dans l'espace public comme les immigrants font usage du français en France, de l'allemand en Allemagne et de l'anglais à Toronto. Rappelons que sur le territoire québécois un citoyen sur huit est un immigrant ce qui représente un million de Québécois. Un immigrant sur cinq (200 000) ne connaît pas le français et parmi ceux-ci, 160 000 ne connaissent que l'anglais outre leur langue maternelle. Ainsi, ils usent de l'anglais dans l'espace public et au travail. Pire, ils ne lisent, n'écoutent et ne regardent aucun journal, radio ou télévision de langue française et ne sont pas des consommateurs des arts et de la culture québécoise. Comme ils connaissent l'anglais, ils anglicisent la société au travail et dans les commerces puisque c'est la langue qu'ils utilisent dans l'espace public.

Devrait-on pointer ces immigrants du doigt pour l'anglicisation de notre société? Aucunement! La non-exemplarité linguistique de l'État québécois et une francisation non obligatoire de l'immigration expliquent que plusieurs font le choix de ne pas faire l'effort d'apprendre le français.

Sauver la chanson française par les quotas, selon la Sacem

« Les quotas représentent une protection de l’auditeur contre une forme d’asphyxie culturelle », affirme notamment le directeur de la Société des auteurs et compositeurs de musique (Sacem).

Le système des quotas pour la chanson francophone, en vigueur depuis 20 ans et qui impose au moins 40 % de « chansons d’expression française » sur les radios, doit être discuté prochainement en commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés) dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine.

Québec regarnit l’enveloppe de la francisation

Québec renflouera finalement la francisation des enfants d’immigrants dans les écoles primaires et secondaires, réduisant de 5 millions les coupes de l’an dernier que les commissions scolaires craignaient de voir intégralement reconduites.

Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, a confirmé au Devoir que les règles budgétaires imposées aux commissions scolaires pour l’année 2016-2017 — le Conseil du trésor doit les officialiser d’ici peu — prévoient l’ajout de cette somme de 5 millions pour soutenir les élèves non francophones issus de l’immigration.

« Il y a de l’argent supplémentaire mis cette année en francisation. Ça, j’y tenais, et ça se retrouve dans les règles budgétaires », a affirmé Sébastien Proulx.